Recommander

Recherche

Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 07:55
Publié le 08/03/2010 à 18:10 par inoussa Le Congrès comorien a tranché en faveur du maintien au pouvoir du président Sambi, pour un an et demi encore. Ceci au nom de l’harmonisation des mandats électifs des gouverneurs et du président de l’Union. L’explosion de colère observée à Mohéli la semaine dernière tranche pourtant avec l’atonie des populations des autres îles de l’Union, et des réactions molles de l’opposition nationale. Alain Fogriot, Malango Les autorités nationales de l'Union des Comores ont affiché un air étonné face aux événements de Mohéli, qui ont suivi la décision de l'Assemblée nationale élargie. Le président Sambi en est plutôt contrarié : aucun commentaire officiel sur ces événements, alors que, à la veille de la tenue du Congrès, c'est lui qui avait appelé les mohéliens à la sagesse et s'était dit persuadé que les "sages mohéliens ne suivraient certainement pas les idées diaboliques de gens malintentionnés". Mais l'on dirait que les habitants de l'île de Djoumbé Fatima ont préféré se montrer fidèles à eux-mêmes, d'une certaine manière. Et c'est ainsi que dès le jour même du fameux Congrès, la colère a grondé sur l'île. Elle s'est illustrée, lundi, par le dressage de barricades à l'entrée de l'aéroport de Bandar Salama, puis s'est embrasée mercredi par une manifestation monstre qui rassembla plusieurs centaines de mécontents dans les rues de Fomboni, la capitale de Mohéli, et dont le bilan s'est soldé par des bâtiments incendiés, dont le marché et la maison du gouverneur de Mohéli, et plusieurs personnes appréhendées par la gendarmerie. En Grande-Comore, les réactions post-congrès de l'opposition ont fusé. La Convergence en faveur de la Tournante en 2010, cette coalition de l'opposition nationale, met en cause la légitimité du Congrès, "appelé par ordonnance du chef de l'Etat, au lieu d'être décidé par le Parlement". Une grogne à chaud, tempérée au fil des heures et qui ne laisse pas de trace de brûlé sur le macadam. C'est que, sans doute, Ngazidja (Grande Comore) n'est pas encore celle qui réclame sa tournante. Tout, d'ailleurs, comme Ndzouani (Anjouan). Ndzouani est, dans ce contexte brûlant, l'île de tous les paradoxes. Aucune réaction, ni citoyenne, ni partisane, face à ce que l'opposition comorienne et la majorité des mohéliens interprètent comme "un subterfuge mis en œuvre par le clan du président Sambi pour se maintenir au pouvoir". Jusqu'à ce que Luc Hallade, l'ambassadeur de France aux Comores, au terme de son excursion dans l'île la semaine dernière, ait invité vendredi quelques-uns des rares opposants de la place à partager son cocktail de départ, à l'hôtel Al-Amal. Il n'y avait en tout et pour tout que Bacar Abdou, le maire démissionnaire de Mutsamudu et vice-secrétaire général du parti Muruwa, l'ex-député Mustadrane, le Dr Mursoidi et Abdallah Mohamed, un sécessionniste des premières heures. Se confiant à ses hôtes, Luc Hallade s'est aligné, sous d'autres termes, au sentiment de "regret" exprimé mardi par son patron, Bernard Kouchner, à propos du verdict résultant du Congrès. Les "représentants de l'opposition à Anjouan" ont, devant le diplomate français, affiché leur "souhait de voir la communauté nternationale, en l'occurrence la France, s'impliquer davantage dans la recherche d'issue à la crise comorienne". L'ambassadeur, quelque peu surpris, conseilla à la frange d'opposants de faire leur proposition de sortie de crise et de la soumettre aux partenaires, car, dit-il, "c'est un problème interne et la communauté internationale ne peut commettre l'imprudence de prendre les devants, de peur d'être accusée d'ingérence".Garder ses distances ! Ce n'est par ailleurs pas commettre une imprudence que de conclure que l'opposition de paille anjouanaise y a perdu ses illusions. Car Luc Hallade a été clair, du moins verbalement, sur le fait qu'il ne souhaite surtout pas réincarner le personnage maudit des réseaux parallèles français : "cette situation nous afflige, mais nous autres pouvons facilement faire l'objet de mauvaises suspicions si nous nous montrons trop partisans", aurait-il confié en aparté. Et pendant ce temps, le président Sambi, en homme avisé, prend pied et s'emploie à redorer son blason aux yeux de la population anjouanaise qui, terrée dans son mutisme légendaire, ne peut mieux faire pour lui témoigner son soutien. Lors d'un lunch occasionnel où il avait invité quelques-uns de ses inconditionnels, samedi dans sa résidence de Mutsamudu, il aurait fait part de sa détermination de dernière heure à "accomplir enfin des choses à Anjouan". Les gros bonnets invités par le président ont eu droit à des prospectus détaillant les projets à court et à long terme envisagés par le raïs à Anjouan. Trois feuilles de format A4 compilent les projections du régime en matière d'infrastructures, d'énergie et d'eau, de santé, de renforcement des institutions etc. De quoi, en somme, faire rougir un paon. De quoi doper le verbe des usagers du très-populaire dicton "wuwo de watru", traduisez "c'est malgré tout le nôtre". A Mutsamudu, ville natale du président, la réplique a le pouvoir de bloquer tout débat sur les dérapages du pouvoir. Ailleurs, on peut entendre un autre son de cloche, tout aussi déprimant : "Après tout, ces mohéliens ne sont pas prêts à assurer une présidence ! Mais, franchement, qui voyez-vous capable de gouverner ce pays à Mohéli !? Cette tournante, ce ne sera qu'un plat servi aux grands-comoriens sur un plateau d'or ! " C'est un certain sophisme qui dégage un son de déjà-entendu, sur un autre registre plus euphémique : "Ces réformes institutionnelles, notamment l'harmonisation des mandats, aura l'avantage de préparer une meilleure gouvernance à la tournante mohélienne", disait celui qui s'affirme comme "le premier défenseur" de cette tournante [Sambi]. Cette vision des choses tranche étrangement avec ses déclarations datant des premiers jours de son règne : "Je sais que le nouvel ensemble comorien est truffé de complexité et de contradictions, mais je ferai avec. Je ne veux y changer quoi que ce soit." Il avait vite parlé ! Ou alors, peut-être que, comme dit l'adage, à force de tirer l'eau du puits, on finit par en voir le fond.
Par Mondoha Said Youssouf - Publié dans : Bonnets d'âne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /Déc /2008 10:10
  

QUAND UN STATUT DE NON-DROIT ENTRAINE DES SITUATIONS DE NON-DROIT

Un long article paru dans une de nos précédentes éditions, écrit par un gendarme français en fonction à Mayotte tirait la sonnette d’alarme, sur les pratiques policières à Mayotte. Depuis 2006, environ 16000 reconduites à la frontière ont été enregistrées pour une population de 187 000 habitants. Les quotas d’expulsions fixés (qu’il fallait impérativement atteindre par jour) transformaient les contrôles de papiers en rafles, qui embarquaient enfants, femmes, hommes, Mahorais compris, qui ne disposaient de papiers au moment des contrôles.

Dans un rapport remis au président Nicolas Sarkozy, par ‘‘la Défenseure des enfants’’ en visite à Mayotte du 6 au 7 octobre 2008, il est précisé qu’entre le 1er janvier et début octobre 2008, ‘‘12 994 personnes ont été reconduites dont 2 194 enfants, étant précisé que 628 d’entre eux avaient moins de 2 ans’’.

Plusieurs associations dont le collectif Migrants Outre-mer (Mom) ont à maintes fois dénoncé les pratiques frauduleuses, qui consistait à inscrire les mineurs comme étant nés le 1er janvier de l’année permettant de fixer leur majorité ; indiquant que tous les mineurs sont inscrits avec la date de naissance du 01/01/90, pour justifier un âge ‘‘expulsable’’ de 18 ans en 2008.

La Cnds dénonçait dans son rapport que ‘‘les conditions de vie au centre de rétention administrative de Mayotte portent gravement atteinte à la dignité des mineurs retenus’’.

Gthn et apathie du pouvoir Indifférence de l’opposition

Mayotte transformée en zone de non droit, a atteint l’apogée de la cruauté, en fermant les yeux, sur l’enterrement des victimes du dernier naufrage, enterrés dans une fosse commune, sans prière, ni respect des rites religieux, mais enfouis sous terre comme des zébus. Au risque de recevoir encore et encore des droits de réponses qui défendent et justifient des agissements innommables, ‘‘Amnesty International’’ se joint aux cris des Comores et demande aux autorités françaises “de mettre un terme aux conditions de rétention, indignes et inhumaines” au centre de Pamandzi à Mayotte. Amnesty international affirme avoir envoyé le 17 décembre 2008 aux ministres de l’Intérieur et de l’Immigration une vidéo et des photos prises à l’intérieur du centre de rétention de Pamandzi à Mayotte, démontrant des ‘‘hommes, femmes, enfants et nourrissons, entassées dans des salles fermées par des grilles à l’intérieur des locaux insalubres du centre’’. Amnesty assimile les conditions de maintien en rétention ‘‘à des traitements inhumains et dégradants pour les personnes qui les subissent’’. Ces conditions de rétention dans le centre, dénoncé dans un passé récent par le Commissaire aux droits de l’homme du conseil de l’Europe, par la Commission nationale de déontologie de la sécurité (Cnds), et par la Défenseure des enfants, s’empirent de jour en jour, à l’approche du référendum sur la départementalisation de l’île.

L’apathie des autorités nationales, enfermée dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau, discutant des tomates et des pommes de terre, s’ajoute à l’indifférence des partis politiques et des organisations comoriennes de la société civile qui détournent les yeux sur la violation des droits de l’homme à Mayotte, jouant insidieusement en faveur du statu quo.

Dans un courriel adressé au collectif Migrants Outre-mer le 18 décembre, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, déclare que ‘‘la situation du centre de rétention de Pamandzi est préoccupante et les informations que vous me donnez, comme d’ailleurs d’autres sources concordantes, sont alarmantes ( …) Dès que possible, le contrôle général dépêchera sur place une mission pour procéder à une analyse approfondie de la situation et faire les recommandations qui s’imposent’’.

Violation systématique des pactes internationaux

A Mayotte, tous les pactes internationaux sont violés, le Pacte international sur les droits civils et politique, de la Convention internationale des droits de l’enfant et de la Convention européenne des droits de l’homme. Il ne pourrait être autrement si un grand pays, comme la France refuse 33 ans après l’accession de son ancienne colonie à l’indépendance, d’admettre que les Comores sont admises depuis le 12 novembre 1975, membres de l’Onu dans leurs frontières naturelles, l’appartenance de Mayotte aux Comores solennellement affirmée par le droit international. Le litige territorial né de la séparation de force de l’île oblige l’Onu à inscrire systématiquement à l’ordre du jour provisoire des assemblées successives de l’Onu et à adopter de nombreuses résolutions qui dénoncent le non-respect par la France de l’intégrité territoriale des Comores et notamment la résolution de la 39ème séance plénière tenue le 21 octobre 1976, qui a par ailleurs condamné les ‘‘consultations françaises à Mayotte du 8 février et du 11 avril 1976’’ et rejette, par avance ‘‘comme nulle et non avenue, toute consultation française à Mayotte’’.

Le mur qui tue

Entassé ‘‘202 personnes dont 111 hommes, 45 femmes, 28 enfants de plus de 2 ans, 13 de moins de 2 ans et 5 gardés à vue’’, dans une pièce ne pouvant contenir qu’une soixantaine de personnes, est dégradant pour ce grand pays, considéré comme premier partenaire des Comores. Entre Mayotte et les autres îles, la France dresse “un mur de Berlin” qui tue des centaines de personnes, en imposant un visa d’entrée depuis 1995. Des centaines de Comoriens perdent leurs vies dans des conditions mystérieuses, trop de Kwasa-Kwasa sombrent près des côtes mahoraises. La Commission nationale de déontologie de la sécurité (14 avril 2008) levait le voile sur le sujet : ‘‘sans se prononcer sur les causes du naufrage, la Commission demande qu’il soit impérativement mis fin, conformément à la réglementation internationale en vigueur, à la pratique de la navigation en dérive feux éteints lors des opérations de recherche en mer des clandestins. Elle recommande instamment de ne plus recourir à des méthodes, qui aboutissent à la mise en danger d’êtres humains, notamment de femmes et d’enfants, dans des conditions susceptibles de caractériser le délit d’homicide involontaire’’.

Depuis, les Kwassa continuent de sombrer, transformant ce bras de mer de 70 km en un charnier qui dévorent tous les mois des dizaines d’êtres humains, dans l’indifférence coupable.

Ahmed Ali Amir ( Al-watwan N° 1219 du 22 décembre 2008)

Par Mondoha Said Youssouf
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 13:19

 

19 décembre 2008
Opinion. Gthn : la voie de garage

Le président français, vient de fixer la date du référendum qui va faire d’une partie de notre territoire une partie d’un territoire étranger, la France. Nos protestations, les résolutions des Nations unies, l’opposition de la Ligue des Etats arabes, de l’Union africaine, du défunt non-aligné et le droit international n’y ont rien fait.
La France a les armes pour nous faire peur, elle a l’argent pour acheter jusqu’à la parole de certaines de nos plus hautes autorités passées et actuelles, elle a les french mic-mac de son contre-espionnage pour tourner en bourrique les pouvoirs africains qui ont entraîné avec eux dans les profondeurs de l’indignité et du déshonneur, l’Afrique française du sud du Sahara et l’Union africaine, les réduire au silence et obtenir leur collaboration passive.
Fort de ce dispositif tissé depuis des années, ce pays peut se permettre deux choses en principe incompatibles et qu’il est le seul à faire au monde en ce début du vingt et unième siècle : être membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, c’est-à-dire la structure au sommet du monde sensée veiller à la défense du droit international, et au même moment, continuer à coloniser un pays en violation flagrante de ce droit et de toutes les résolutions de l’assemblée générale de l’Onu.
Pour parvenir à cette dure réalité pour nous, l’administration d’occupation française a fait exactement tout ce qu’il fallait et a mis de son côté tout ce qu’il fallait.
D’abord, la France a mis tout son poids de puissance planétaire sur la balance en noyautant systématiquement la classe politique comorienne : en effet, il est plus qu’affligeant de constater que des jours après que son président ait fixé la date le jour et l’heure qu’il compte réduire notre pays comme peau de chagrin et ainsi miner définitivement toutes nos chances de nous développer, aucune réaction n’est venue des hommes politiques comoriens qui, pour faire semblant de n’avoir rien entendu, se sont réunis au foyer Aouladil’Comores à Moroni pour ‘‘défendre le sunnisme’’.
Ensuite, à quelques mois de cette échéance fatidique elle a usé de la ruse. Ceux qui s’étaient enthousiasmés ou, au contraire, s’étaient étonnés de la rapidité avec laquelle le président Nicolas Sarkozy avait reçu notre président, comprennent désormais les raisons profondes de cette invitation ‘‘improvisée’’ : commencer à installer le piège Gthn qui aujourd’hui nous prend aux pieds.
En effet, pendant que nos diplomates et autres cadres du ministère comorien des Relations extérieures se pavanaient dans les avions de Moroni à Paris en passant par Dzaudzi en première classe et passaient la belle vie dans des hôtels et tout frais payé par la princesse France, les fonctionnaires du Quai d’Orsay ont mené à bout et inexorablement, sans bavure, la mission pour laquelle leur patrie leur a confiée : nous mettre en pièces.
Pendant ce temps, mes chers compatriotes diplomates, continuez à recevoir des hôpitaux français les kits pour El-maarouf, à remettre des diplômes aux étudiants de l’Ecole nationale technique et professionnelle formés ‘‘grâce’’ à la coopération française, et à procéder à la pose, en présence – quelle insigne honneur ! – de son excellence l’ambassadeur de France, de la première pierre de la construction de l’internat d’une école.

Madjuwani Hassani
madjuwani@gmail.com
Par Majouane Hassane - Publié dans : Coup de coeur - Communauté : Salon Lecture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 09:47
Après la diffusion au journal de 20 heures de France 2 d’une vidéo montrant les conditions « indignes » du Centre de Détention Administrative ( CRA ) de l’ile de Mayotte dans l’archipel des Comores le Ministre français de l’outre mer Yves Jego a accusé le « discours non régulateur de l'Union des Comores » qui « entraîne y compris des morts » . Ce qui provoque des morts de plus en plus importants par noyade dans le bras de mer qui sépare l’ile de Mayotte de ses 3 iles sœurs c’est d’abord la décision illégale française de séparer cette île de l’ensemble des Comores . C’est surtout l’instauration à partir de 1995 , d’un visas pour les comoriens qui veulent aller à Mayotte. C’est aussi la répression et les méthodes parfois à la limite de l’ignominie des autorités administratives françaises à Mayotte.
Par Mondoha Said Youssouf - Publié dans : Coup de gueule - Communauté : Salon Lecture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 11:25

Le Conseil d'administration du FMI approuve un montant de 5,1 millions de dollars EU au titre de l'aide d'urgence post-conflit et d'un prêt dans le cadre de la facilité de protection contre les chocs exogènes, en faveur de l'Union des Comores

Communiqué de presse n° 08/327
Le 16 décembre 2008

Le Conseil a approuvé le décaissement d'un prêt d'un montant équivalent à 2,2 millions de DTS (soit environ 3,4 millions de dollars EU) au titre de l'accès rapide à la Facilité de protection contre les chocs exogènes (FPCE).

En septembre 2008, le Conseil d'administration à approuvé des modifications à la FPCE, afin de permettre un accès plus rapide et plus important, de rendre l'utilisation de ce mécanisme plus aisé et d'en accroître la souplesse. Ces aménagements ont pris effet en novembre, une fois réunis tous les instruments juridiques requis. Le décaissement au titre de l'accès rapide aux ressources de la FPCE est destiné à contribuer à amortir l'impact de la hausse des prix pétroliers et alimentaires sur la balance des paiements en 2008.

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a également approuvé le versement d'un montant de 1,1 million de DTS (environ 1,7 million de dollars EU) au titre de l'Aide d'urgence post-conflit (AUPC) à l'Union des Comores, portant l'assistance totale à l'équivalent de 3,3 millions de DTS (environ 5,1 millions de dollars EU). Le soutien apporté par le FMI au titre de l'AUPC vise à aider les Comores à faire face aux besoins immédiats de rétablissement de la coopération inter-îles, d'amorce du retour à la viabilité des finances publiques et d'élimination des distorsions économiques fondamentales, afin de permettre à l'économie comorienne de renouer progressivement avec une croissance forte et durable.

M. Takatoshi Kato, Directeur général adjoint assurant la conduite des délibérations du Conseil d'administration sur l'Union des Comores, a fait la déclaration suivante à l'issue des travaux:

"La croissance économique a pâti de l'instabilité politique persistante aux Comores, tandis que la hausse des prix des produits alimentaires et de l'énergie a affaibli la position extérieure du pays et durement frappé les couches vulnérables de la population. La charge de la dette extérieure, y compris les arriérés accumulés, est insoutenable. L'appartenance à la zone franc a toutefois constitué un ancrage de stabilité. Avec l'apaisement des tensions politiques, il y a lieu de féliciter les autorités pour la prompte mise en place d'un programme économique visant à relever ces défis.

Dans le domaine macroéconomique, le gouvernement a rétabli la coopération inter-îles en matière de gestion budgétaire et économique, et s'emploie à renforcer la situation des finances publiques par l'application de mesures volontaristes de mobilisation des recettes et une maîtrise accrue de la masse salariale. La réalisation des objectifs budgétaires au titre de l'exercice 2008 permettra de redonner confiance aux bailleurs de fonds et au secteur privé quant à la volonté des pouvoirs publics d'assainir durablement les finances publiques. Pour éviter l'aggravation de la situation de la dette publique, les autorités entendent limiter les déficits publics à des niveaux susceptibles d'être couverts par l'aide extérieure identifiée, surtout sous forme de dons.

Dans le domaine structurel, le gouvernement a engagé des mesures visant à éliminer progressivement les obstacles structurels à la croissance. Il convient de saluer le récent relèvement des prix des produits pétroliers et des tarifs de l'électricité, faisant suite à plusieurs années de gel de ces prix. Les autorités ont mis en place un mécanisme de détermination flexible des prix des produits pétroliers, conscientes de son caractère crucial pour rendre l'approvisionnement en énergie-facteur essentiel d'appui à la croissance-plus fiable. Par ailleurs, avec l'assistance technique de la Banque mondiale et d'autres bailleurs de fonds, le gouvernement a amorcé la préparation de la réforme des entreprises publiques et travaille à l'achèvement du DSRP pour la fin mars 2009. D'autres réformes structurelles visent à accroître l'efficacité de l'administration publique, notamment le bon calibrage des effectifs de la fonction publique et la rationalisation de son organigramme.

Dans le même temps, la mise en œuvre des réformes comporte des risques non négligeables pour les Comores, compte tenu des contraintes de capacités, des défis que présentent l'environnement politique et de la vulnérabilité du pays aux chocs exogènes. Dans un contexte aussi difficile, la stricte application des réformes sera déterminante pour mobiliser des concours accrus des bailleurs de fonds, rétablir la compétitivité de l'économie et, de manière plus générale, créer les conditions d'une croissance accélérée, autant de facteurs qui permettront d'accroître l'efficacité de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Pour parvenir à résoudre la question du surendettement, les Comores devront passer rapidement à la mise en œuvre d'un programme appuyé par les ressources du FMI au titre de la Facilite pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance et réunir les conditions requises pour bénéficier de l'allègement de dette au titre des initiatives PPTE et IADM."

ANNEXE

Évolution économique récente

La situation économique de l'Union des Comores s'est considérablement détériorée au cours des deux dernières années. La croissance du PIB réel a été d'à peine ½ % en 2007, contre un taux de croissance moyen annuel de 2 ½ % sur la période 1999-2006. L'activité économique est restée faible au premier semestre 2008 et le PIB réel devrait stagner à ½ % pour l'année entière. Outre la détérioration des termes de l'échange, la croissance est freinée par les problèmes du secteur de l'énergie découlant du non renouvellement, en avril 2008, d'un contrat d'approvisionnement conclu de longue date avec une grande société pétrolière française.

L'inflation a fortement augmenté en 2007, portée à 4,5 % en raison de la flambée des prix des produits alimentaires et pétroliers. Fin 2008, elle devrait atteindre 9,6 %, sous la pression continue de la hausse des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers au cours des neuf premiers mois de l'année.

L'exécution budgétaire a encore faibli en 2007-08, bien que des mesures correctrices aient été prises pour 2009 et le moyen terme. Le déficit du solde primaire intérieur du budget a été porté à 2,2 % du PIB en 2007 et les données budgétaires à fin septembre indiquent qu'il atteindrait 2,7 % du PIB en 2008.

Face à la constante appréciation, en termes réels, du franc comorien ancré sur l'euro et à la détérioration des termes de l'échange à un rythme moyen annuel de 16 % sur les 3 dernières années, le déficit du solde extérieur courant a été porté à l'équivalent de 6,7 % du PIB en 2007. D'après les projections, il devrait atteindre 8,7 % du PIB en 2008 — surtout en raison de la hausse des prix de l'énergie et des produits alimentaires durant les 9 premiers mois de l'année. La dette extérieure des Comores n'est pas viable, ressortant en VAN et selon les projections, à 236 % des exportations à la fin 2008.

Synthèse du programme

Dans un contexte de croissance faible, le programme appuyé par les ressources de la FPCE est surtout axé sur la mobilisation des recettes et la maîtrise de la masse salariale. Les réformes structurelles visent à rétablir progressivement la coopération inter-îles, à dénouer les principaux blocages structurels à la viabilité des dépenses à moyen terme et à amorcer la correction des distorsions économiques. Rigoureusement appliqué, le programme pourrait constituer un jalon vers le point de décision pour l'allègement de dette au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Cela favoriserait aussi un réengagement durable des bailleurs de fonds pour le renforcement de la capacité des autorités à mettre en œuvre les politiques macroéconomiques.

L'appui du FMI au titre de l'accès rapide à la PFCE aidera à faciliter l'ajustement au choc majeur souffert subi en 2008 du fait de la détérioration des termes de l'échange. À cet égard, les autorités ont pris des mesures correctrices volontaristes. Il faut noter en particulier le resserrement budgétaire et l'adoption progressive des prix du marché pour les principaux produits de base importés et exportés, ce qui devrait contribuer à terme, à la réduction des déséquilibres externes des Comores.


Union des Comores - Principaux indicateurs économiques et financiers, 2006-13

  2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
  Programme Projections

 
(Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)
Revenu national et prix  

PIB réel

1,2 0,5 0,5 1,0 2,0 3,0 3,5 4,0

Indice prix à la cons. (moyenne)

3,4 4,5 5,9 4,9 1,5 2,9 3,1 3,1

Taux de change effectif réel

134 129 ... ... ... ... ... ...

Termes de l'échange

-6,9 -20,3 -21,2 17,1 -3,1 -1,4 0,3 0,7
                 

Monnaie et crédit

               

Avoirs extérieurs nets

6,3 5,0 0,8 0,8 0,4 0,8 1,0 1,1

Crédit intérieur

5,0 6,0 11,9 -0,4 2,7 4,2 5,1 6,1

Crédit à l'État

63,9 -0,2 31,6 -3,5 0,6 2,3 3,5 4,2

Masse monétaire au sens large

4,3 1,1 7,1 7,2 5,5 8,3 9,3 7,7
                 
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Investissement et épargne

               

Investissement

9,2 10,4 10,5 12,8 13,9 14,5 15,1 15,8

Épargne nationale brute

3,2 3,7 1,8 2,2 3,6 3,5 4,7 52
                 

Budget de l'État

               

Recettes intérieures

13,6 12,7 12,4 12,7 13,0 13,4 13,9 14,3

Total des dons

5,0 7,6 8,9 5,9 6,1 6,3 6,5 6,7

Dépenses totales

21,2 22,3 21,7 21,2 21,3 21,4 21,6 21,6

Solde primaire intérieur

-1,2 -2,2 -2,7 -1,6 -1,3 -0,8 -0,3 0,3

Solde global (base caisse)

-1,7 -3,4 0,0 -3,4 -2,5 -2,2 -1,7 -1,2

Dons exclus

-6,7 -11,0 -8,9 -9,3 -8,6 -8,4 -8,2 -7,8
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Secteur extérieur

               

Solde extérieur courant

-6,1 -6,7 -8,7 -10,5 -10,3 -11,0 -10,4 -10,6

Hors transferts officiels et privés

-24.3 -26,5 -28,4 -26,6 -27,1 -27,4 -27,3 -27,9

Ratio VAN dette ext./

               

export. de biens et services

390 249 236 218 208 193 175 160

Sources : autorités comoriennes; estimations et projections des services du FMI.


DÉPARTEMENT DES RELATIONS EXTÉRIEURES DU FMI

Relations publiques    Relations avec les médias
Téléphone: 202-623-7300 Téléphone: 202-623-7100
Télécopie: 202-623-6278 Télécopie: 202-623-6772

Par Mondoha Said Youssouf
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Présentation

Images Aléatoires

  • mouton-egorge.jpg
  • le-mouton-crucifie.jpg
  • mouton-grille-tabaski.jpg
  • tabaski-niger-avec-moi.jpg

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés