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Publié le 18/03/2010 à 23:53 par inoussa
Auteur: Alain Fogriot Source: Malango « Quiconque sera surpris en train de gribouiller sur les murs, sera fusillé ! » La
redoutable mise en garde est d'Issoim Dossar, commandant régional de la gendarmerie comorienne à Anjouan. Elle est adressée à des opposants au régime du président Ahmed Abdallah Sambi. Mardi
dernier, les dénommés Saïd Ali Bacar, alias Astuce, et un certain Amir Mitterand, natifs de Mutsamudu, ainsi que l'ex-député Moustadrane, de Sima, ont été convoqués par le capitaine Issoim Dossar,
commandant régional de la gendarmerie à Ndzouani. L'objet de leur convocation [on parle bien d' « objet », et non de « motif »], d'après le récit de l'un d'eux, était « une mise en garde contre
d'éventuels actes de trouble à l'ordre public, à l'image de ceux commis récemment à Mohéli et en Grande-Comore, dont ils pourraient éventuellement être derrière ». S'adressant particulièrement à
l'ex-député, il lui aurait reproché d'être « le bras armé sur l'île d'un homme qui a récemment menacé le président Sambi ». M. Moustadrane assume, au niveau d'Anjouan, la fonction de secrétaire
régional de la Convention pour le Renouveau des Comores, le parti de l'ex-président Assoumani Azali. Et rappelons que le colonel Azali s'est, de facto, désigné comme ennemi numéro un du régime
depuis qu'il est monté au créneau pour dénoncer le projet du président Sambi de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat légal. L'un des hommes interpellés et qui s'est confié à nous
s'est dit « persuadé que le capitaine n'avait aucun autre grief à leur faire, à part qu'ils étaient de l'opposition ». Mais, aux yeux du gendarme, porter une telle étiquette vaut la pendaison. Dans
un élan de colère sincère, il aurait averti : « Je garde bien un œil sur vous et sachez que j'ai donné l'ordre à mes hommes de fusiller quiconque sera surpris en train de salir des murs avec des
écrits diffamatoires! » Déjà, à partir d'une certaine heure le soir, il est déconseillé de circuler à Mutsamudu (de même qu'ailleurs), sans être muni de sa carte d'identité. C'était, au départ, une
mesure recommandée par les autorités de l'île dans l'objectif de limiter la circulation des mineurs le soir. Mais celle-ci est mise à profit actuellement pour appréhender tous ceux dont le visage
et les manières inspirent méfiance au régime. C'est ainsi que les habitants de la capitale anjouanaise vivent en ce moment un couvre-feu qu'ils se sont machinalement imposé, car il est fréquent
d'être arrêté, importuné, voire même torturé pour, officiellement, non port de pièce d'identité. C'est de même ainsi que Saïd Allaoui, un habitant de Moya, est arrêté devant chez lui le soir du
jeudi, et conduit à la gendarmerie de Mutsamudu où il a passé toute la nuit sous les verrous, sans savoir exactement pourquoi. « Au poste de gendarmerie, je n'ai pas été officiellement informé du
motif de mon arrestation. Un gendarme m'a cependant expliqué que c'était à cause de mes conversations téléphoniques avec l'ex-président mohélien, Saïd Fazul. Il est vrai qu'on s'appelle souvent,
mais je ne vois pas ce qu'on s'est dit de suspicieux. Et, surtout, je ne sais pas comment la gendarmerie s'est mise au courant de mes conversations privées. » Retour à la case Bacar ? Cette
dernière interrogation du témoin espionné confirme un bruit qui court sur l'île depuis un certain temps, à savoir que les téléphones de certaines personnes [des opposants, pour dire la vérité] au «
comportement suspect » sont actuellement sur écoute. C'est, convenons-en, un privilège qui avait cruellement manqué à l'ex-régime rebelle du colonel Bacar, lequel s'était contenté de ses «
sharkwetse » [terme familier du dialecte anjouanais signifiant « mouchard »] pour tenir en laisse ses adversaires politiques. On s'étonne cependant d'apprendre que c'est le capitaine Dossar, qui
devient l'initiateur d'une répression policière, à propos de laquelle il a toujours affiché son opposition. Savourez cette belle phrase de sa déclaration devant les médias, le lendemain de sa
nomination à la tête de la gendarmerie de l'île, il y a quatre mois : « Je m'attache à l'idée d'une gendarmerie qui éduque la population, et non pas une dont le seul rôle serait la répression ». On
y avait cru. A plus forte raison quand, quelques jours plus tard, alors qu'il faisait face, à Pagé, à son premier contact musclé avec cette population (contact dû à l'agression de gendarmes dans ce
quartier), l'homme s'était dit «attristé par la tournure qu'avaient pris les événements », et s'était excusé auprès des anjouanais, à la télévision. Mais, revenons aux trois suspects du capitaine,
particulièrement à l'un d'eux, « Astuce ». Son cas pourrait prêter à sourire. L'homme avait été élevé au rang de Chevalier de l'Ordre du Croissant Vert comorien par le président Sambi, « pour
services rendus à la Nation », à l'occasion du premier six juillet [fête de l'Indépendance comorienne] fêté en 2006 à Anjouan par le président Sambi. Astuce, jadis porte-drapeau d'une opposition
anjouanaise préfabriquée pendant la crise séparatiste, avait pris part activement aux négociations inter comoriennes qui ont abouti aux Accords de Fomboni de 2001. Et c'est sans doute pour honorer
ce titre que ce moniteur en éducation physique a du mal à taire sa déception dans ce contexte où les fameux Accords apparaissent « caducs » [ils sont ainsi qualifiés par le ministre comorien des
Relations Extérieures, Ahmed Djaanfar] au goût du pouvoir en place. Et ainsi, ce qui a contribué à élever un homme au rang de chevalier hier, constitue aujourd'hui pour lui un motif de
condamnation. Sans doute, Astuce apprend mieux aujourd'hui que toute médaille, fût-elle de l'Ordre du Croissant Vert, a son revers. * Titre original de l'article: Comores – Anjouan : les méthodes
policières refont surface Ecrire un commentaire Indignation de la FCDH à MohéliPublié le 18/03/2010 à 19:18 par inoussa Témoignages poignants « Alors que je rentrais chez moi dans l’après midi du
17 mars, des gendarmes parlant le shiganzidja, m’ont brutalement arrêté. Un d’entre eux m’a pointé son arme de guerre. J’ai reçu plusieurs coups de godasse au niveau de la hanche et des cotés du
ventre puis jeté comme un sac de riz dans leur véhicule malgré les mise en garde que je leur ai fait sur ma grossesse précieuse après quatre ans de mariage et plusieurs millions dépensés pour des
voyages à l’extérieur. Finalement j’ai perdu ce que devait mon premier enfant. Nafissat Abdoulhaffarou, 38 ans, Bangoma-Mohéli Une plainte pour coups et blessures a été déposée au parquet de
Fomboni par la famille du jeune Adaïne Attoumane. Celui-ci souffrant de problèmes cardiaques depuis plusieurs mois et après un séjour médical à Daressalame où il doit repartir incessamment toujours
pour soin, vit pratiquement alité à Fomboni chez le nommé Djabar Ambidi. Dans l’après midi du mercredi 17 mars 2010 trois soldats de la Force Comorienne de Défense dont le nommé Naouirou et un
surnommé Kouloulou se sont introduits chez Mr Ambidi et ont fait subir plusieurs mauvais traitements dont plusieurs coups et emmené au camp militaire. FONDATION COMORIENNE DES DROITS DE L’HOMME
Section de Mohéli : Fomboni Salamani Communiqué du Quai d'Orsay Toute personne n’ayant pas de raison impérieuse - familiale ou professionnelle - de se rendre à Mohéli est invitée à s’abstenir de
s’y rendre dans les prochains jours, en raison de la situation très tendue dans cette île.
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